A la veille de passer dans l'année 2008, je me suis replongé dans mes souvenirs, et j'ai essayé de comprendre comment j'en étais arrivé là... Comme les gens trouvent que parfois je suis un peu trop secret sur ma vie, et que je ne suis pas un grand bavard non plus, voilà de quoi se faire une idée un peu plus précise de qui je suis et pourquoi j'en suis là aujourd'hui.Je suis né un 12 Août 1986 à 20h30 je crois (pile à l'heure pour le film de 20h50) . Mon histoire est celle d'un petit garçon "ordinaire", qui passe une partie de son enfance aux Chaumes. Inutile de préciser que c'est pas mes meilleurs souvenirs, et j'en garde un goût amer. A l'époques, les tensions entre mes parents étaient telles que la plupart du temps, nos soirées se limitaient à un affrontement entre les deux à grands coups de baffes et de scènes de ménage mémorables. Avec mon frère, on s'est accomodés de la situation à force. La naïveté de l'enfance, sans doute.
Sauf qu'un jour ma mère décide de quitter cet endroit pourri, elle décide carrément de nous arracher à notre père mais également à nos racines quand elle nous catapulte à des centaines de kilomètres de chez nous.
Je n'aime pas la vie là-bas, les gens sont comme le climat, aggressifs et froids. Avec mon accent et mon éducation à la "j'm'en-bat-les-c******s-de-tout", m'intégrer n'a pas été chose facile. Mes années collège furent celles de la fin de la naïveté et du début d'une prise de conscience. Pendant ce temps, ma mère assumait pleinement sa relation avec l'alcool, et devenait de pire en pire. Avec mon frère, on ne pouvait que la regarder s'enfoncer chaque jour un petit peu plus, en esquivant ses accès de violence, quand on y parvenait...
Je comprends que je m'enlise dans une vie dont je ne veux pas, vers la fin de ma troisième, je coupe les ponts avec tout mon entourage, j'arrête tout les petits délires et mes conneries. Lassé de toutes ces choses que je n'aurais pas du vivre ou voir, j'ai embarqué mon petit frère avec moi et je suis retourné habiter chez mon père, dans la région que je n'aurais jamais dû quitter.
Le collège terminé, une nouvelle vie s'offre à moi, tout est effacé, on recommence. Nouvelle région, nouvelle tête, nouvelle ambiance. Tout ça m'avait tellement manqué...
J'ai alors 16 ans quand je rentre au lycée. Changement de look, étudiant sage. Pas question de tout foirer... Sauf que j'ai ce sale coté en moi qui à peur de tout engagement. Je m'ennuie en cours, désespère mes professeurs, accumule les échecs. Je décroche mon diplôme à la sortie, mais cette voie ne m'interesse absolument pas.Mes études passent alors au second plan, et je finis par abandonner cette idée.
Mon père, lui, devenait peu à peu ce que nous reprochions à ma mère, et se rendait compte que si récuperer ses gosses lui avait donné la satisfaction de l'avoir finalement emporté sur ma mère, s'en occuper était une préoccupation trop importante pour lui. Cela lui provoquera un infarctus, dont il reviendra changé, agressif...
Il nous rend responsable de cette situation, et se réfugie lui aussi dans l'alcool.
Avec mon frère, les liens dèjà fragiles que nous maintenions depuis notre enfance finissent par rompre. Sans doute le destin. Lui change et veut prouver qu'il est un homme, et lorsqu'un soir mon père lui pose un ultimatum, il décide de le braver et quitte la maison. Il n'a que 18 ans. Le souci, c'est que ce fut alors à moi d'assumer la colère et la rancune de mon géniteur, détruit. Après plus d'un an assez rude, durant lequel j'ai trouvé du travail et fais des efforts, je me fais jeter de chez moi par sms pour une raison que j'apprendrai trois mois après.
J'ai voulu soutenir et protéger mes amis, et ça, a ses yeux, ça méritait la peine capitale.
Heureusement, ces mêmes amis que j'ai soutenu sont ceux qui aujourd'hui sont restés là pour moi, au moment le plus critique.
A quoi bon désigner un responsable, j'ai dit, vu et fait des choses qui continuent de me tourmenter aujourd'hui.
Je suis pas un gars bien aussi propre et sans histoires que les gens se l'imaginent parfois. Je ne suis gentil, ni sérieux, mais je sais être lucide et j'écoute beaucoup, chose qui sert...
Tout ce qui m'est arrivé n'aura servi qu'a me rendre plus fort, et à m'apprendre des leçons sur la vie et la vraie nature des gens. A moi de me relever, même si beaucoup aimeraient me voir sombrer, je ne leur ferait pas cet honneur.
Trop de choses encore à vivre et à dire, et pas tant de temps que ça pour y parvenir...